Points clés 

  1. La dermatite atopique débute presque toujours pendant la petite enfance, et touche les enfants environ cinq fois plus souvent que les adultes. 
  2. Les émollients constituent le socle du traitement quotidien d'un eczéma déjà installé, en réduisant la fréquence des poussées. 
  3. En revanche, chez un nourrisson en bonne santé, leur application préventive ne réduit pas le risque de développer un eczéma. La distinction entre traiter et prévenir est essentielle. 
  4. Le bain court et tiède, suivi d'une application dans les trois minutes, structure la routine quotidienne. 
  5. Environ un enfant sur trois atteint d'eczéma développe un asthme plus tard dans l'enfance, une proportion plus faible que ce qui était longtemps avancé. 

 

Qu'est-ce que l'eczéma du nourrisson ? 

L'eczéma du nourrisson, ou dermatite atopique, est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Elle évolue par poussées, entrecoupées de périodes d'accalmie pendant lesquelles la peau reste sèche et fragilisée. 

La dermatite atopique débute presque toujours pendant la petite enfance ou avant l'âge de 5 ans.1 Une étude ontarienne portant sur la période 2005-2015 relève une prévalence de 9,9 % chez les enfants, contre 1,8 % chez les adultes.2 L'écart illustre à quel point cette affection concerne d'abord les premières années de vie. 

 

Comment se manifeste-t-il ? 

Les lésions prennent la forme de plaques rouges, parfois suintantes, sur une peau d'aspect rugueux ou squameux. De petites vésicules peuvent apparaître, puis se rompre et former des croûtes jaunâtres. 

Les démangeaisons constituent le signe le plus révélateur. Un nourrisson qui en souffre frotte son visage contre les draps ou agite les bras de manière inhabituelle. L'irritabilité augmente, en particulier la nuit, et le sommeil s'en trouve perturbé. 

Où apparaissent les lésions selon l'âge ? 

Chez le nourrisson, le visage occupe la première place, en particulier les joues et le front, avec le cuir chevelu et la face externe des membres. Les plis du coude et du genou prennent le relais à mesure que l'enfant grandit. Notre article sur l'eczéma du visage détaille cette localisation. 

Comment le distinguer d'un eczéma de contact ? 

L'eczéma atopique relève d'une prédisposition génétique et d'un terrain allergique. Il évolue par poussées récurrentes, indépendamment d'une exposition précise. L'eczéma de contact, à l'inverse, survient après une exposition directe à un allergène ou à un irritant, et régresse généralement lorsque ce contact cesse. Seul un examen médical permet de trancher avec certitude. 

Pourquoi un bébé développe-t-il de l'eczéma ? 

L'eczéma du nourrisson résulte rarement d'une cause unique. Plusieurs mécanismes se combinent pour fragiliser la barrière cutanée et déclencher les poussées. 

La part génétique et le rôle de la filaggrine 

Une protéine appelée filaggrine joue un rôle clé : elle assure la cohésion des cellules à la surface de la peau. Chez beaucoup de personnes atteintes, le gène qui la fabrique est altéré. La peau retient alors moins bien l'eau et laisse passer plus facilement les allergènes extérieurs. Un terrain atopique familial, qu'il s'agisse d'eczéma, d'asthme ou de rhinite allergique, augmente la probabilité que l'enfant soit concerné. Notre article sur la peau a tendance atopique revient sur ce mécanisme. 

Les facteurs environnementaux 

Les acariens, les poils d'animaux et les moisissures comptent parmi les déclencheurs les plus souvent rapportés. La chaleur excessive, la transpiration et le contact avec des textiles synthétiques ou des produits parfumés jouent également un rôle. Ces facteurs varient d'un enfant à l'autre, ce qui rend leur repérage progressif. 

Ce que l'on sait du rôle de l'alimentation 

Une allergie alimentaire accompagne une partie des eczémas modérés à sévères du jeune enfant, le lait de vache, l'œuf et l'arachide figurant parmi les allergènes les plus souvent impliqués. Cette association reste toutefois minoritaire, et l'éviction d'un aliment relève d'un bilan allergologique. Supprimer un aliment sans confirmation expose à des carences pendant une période de croissance rapide. 

Comment soigner l'eczéma du nourrisson ? 

La prise en charge repose sur deux axes complémentaires : une routine émolliente quotidienne, et un traitement médicamenteux pendant les poussées lorsque le médecin le juge nécessaire. 

L'émollient, socle du quotidien 

Chez un enfant dont l'eczéma est déjà installé, l'émollient produit un effet mesurable. Une synthèse de la Cochrane, un organisme indépendant qui compile les essais cliniques, a réuni 77 essais portant sur 6 603 personnes. Elle observe un nombre de poussées plus faible, et un délai avant la suivante qui passe de 30 à 180 jours.3 La revue relève également une réduction de la quantité de corticostéroïdes topiques utilisée sur la période. Les critères de choix d'une texture sont détaillés dans notre article sur la crème pour eczéma. 

L'American Academy of Dermatology recommande une application dans les trois minutes qui suivent le bain. La peau encore humide contient une réserve d'eau que l'émollient vient sceller. 

Le bain et le nettoyage 

Un bain court, de cinq à dix minutes, dans une eau tiède plutôt que chaude, limite la perte en eau cutanée. Les nettoyants sans savon, sans parfum et à pH physiologique conviennent mieux à une peau a tendance atopique que les savons classiques. Le séchage se fait par tamponnement, la peau étant laissée légèrement humide avant l'application du soin. 

Les traitements prescrits par le médecin 

Lorsque les poussées s'intensifient, le pédiatre ou le dermatologue peut prescrire des dermocorticoïdes, utilisés sur une durée courte et selon une posologie précise. Des inhibiteurs de la calcineurine topiques existent pour certaines situations. Ces traitements relèvent d'une prescription et d'un suivi médical, et s'articulent avec la routine émolliente plutôt qu'ils ne la remplacent. 

Peut-on prévenir l'eczéma du nourrisson ? 

Cette question revient souvent chez les parents dont un enfant présente un terrain atopique familial. La réponse a changé au cours des dernières années. 

Ce que montrent les essais récents 

L'idée qu'appliquer un émollient dès les premières semaines de vie protégerait de l'eczéma reposait sur de petits essais encourageants. Des essais randomisés de plus grande ampleur sont venus la nuancer. Une revue systématique Cochrane publiée en 2022 a rassemblé ces travaux : sur 7 essais totalisant 3 075 nourrissons, appliquer un émollient à un bébé en bonne santé n'a pas modifié son risque de développer un eczéma. Le risque mesuré était pratiquement le même dans les deux groupes, 1,03 fois celui des bébés non traités, un écart trop faible pour compter.5 Le délai d'apparition n'a pas non plus été retardé de façon significative. 

La même revue signale deux points de vigilance. Le risque d'infection cutanée apparaît plus élevé chez les bébés traités : environ un tiers de plus, soit 1,33 fois le risque des autres. Un signal a également été relevé du côté des allergies alimentaires, sur des données encore fragiles. Les auteurs concluent que les soins cutanés appliqués pendant la première année de vie à des nourrissons en bonne santé ne sont probablement pas efficaces pour prévenir l'eczéma. 

Traiter et prévenir sont deux questions différentes 

Cette conclusion porte sur la prévention chez un nourrisson dont la peau va bien. Elle ne remet pas en cause l'intérêt des émollients chez un enfant qui présente déjà un eczéma, où les données restent favorables, comme le montre la revue Cochrane consacrée au traitement. Autrement dit, un émollient apaise et espace les poussées d'une peau a tendance atopique, sans pour autant empêcher l'apparition de la maladie chez un enfant qui ne l'a pas encore développée. 

L'eczéma annonce-t-il d'autres allergies ? 

L'eczéma du jeune enfant s'inscrit parfois dans une séquence appelée marche atopique, où l'atteinte cutanée précède l'apparition d'allergies alimentaires, d'un asthme ou d'une rhinite allergique. 

Une synthèse de 13 études qui ont suivi des enfants sur plusieurs années a mesuré ce lien. Après un eczéma survenu avant 4 ans, le risque de développer un asthme est environ deux fois plus élevé, 2,14 fois précisément, que chez un enfant qui n'en a pas eu. Dans les groupes d'enfants suivis pour un eczéma, 29,5 % avaient un asthme à 6 ans.4 

Les auteurs formulent une conclusion nuancée : environ un enfant sur trois atteint d'eczéma développe un asthme plus tard dans l'enfance, une proportion plus faible que ce qui était longtemps supposé. Un suivi médical régulier permet d'anticiper ces évolutions sans les considérer comme inéluctables. 

Quand consulter ? 

Plusieurs situations justifient un avis médical rapide. 

  1. Des plaques qui s'étendent malgré une routine de soins régulière 
  2. Des croûtes jaunâtres ou un suintement, qui peuvent évoquer une surinfection 
  3. Des démangeaisons nocturnes qui perturbent durablement le sommeil de l'enfant 
  4. Un eczéma qui persiste après deux à quatre semaines de soins adaptés 
  5. Un doute sur la nature des lésions, notamment chez un nourrisson de moins de trois mois 

Les soins Atoderm pour la peau des tout-petits 

BIODERMA propose la gamme Atoderm, formulée pour les peaux sèches à très sèches et compatible avec les peaux à tendance atopique. Trois soins couvrent la routine quotidienne d'un jeune enfant. Ils conviennent à toute la famille, à l'exception des nourrissons prématurés. 

Atoderm Huile de douche est une huile nettoyante ultra-nourrissante qui remplace le savon au moment du bain. Selon sa fiche produit, la peau est 26 % plus hydratée après 27 jours, sur un test conduit auprès de 52 volontaires adultes, et l'hydratation se maintient jusqu'à 24 heures. 

Atoderm Intensive gel moussant est un gel nettoyant apaisant destiné aux peaux très sèches à tendance atopique. Sa fiche produit indique que 85 % des usagers trouvent leur peau plus confortable. Le produit est prescrit par des dermatologues. 

Atoderm Intensive baume prend le relais après le bain. Ce baume ultra-apaisant et relipidant associe le complexe Lipigenium, le PEA et le brevet Skin Barrier Therapy, sans stéroïde ni paraben. Sa fiche produit rapporte 100 % de la peau plus nourrie après 21 jours. 

Ces trois soins s'inscrivent dans la routine quotidienne, en complément du suivi médical.  

Questions fréquentes sur l'eczéma du bébé 

À quel âge l'eczéma du nourrisson apparaît-il le plus souvent ? 

Les premières lésions se manifestent généralement au cours des premiers mois de vie, et la dermatite atopique débute presque toujours avant l'âge de 5 ans.1 Une apparition très précoce, avant trois mois, mérite un avis médical afin d'écarter d'autres affections cutanées du nourrisson. 

L'eczéma du bébé est-il contagieux ? 

Non. Il s'agit d'une maladie inflammatoire liée à une prédisposition individuelle et à des facteurs environnementaux. Elle ne se transmet ni par contact ni par l'entourage, et un enfant qui en est atteint peut fréquenter la crèche ou la garderie sans restriction particulière. 

L'eczéma du nourrisson disparaît-il avec l'âge ? 

L'évolution varie d'un enfant à l'autre. Une part importante des eczémas du jeune enfant s'atténue nettement au fil de l'enfance, tandis que d'autres persistent sous une forme atténuée à l'âge adulte. La prévalence mesurée chez les adultes ontariens, 1,8 % contre 9,9 % chez les enfants, reflète cette régression sur le plan de la population.2 

Faut-il éviter le bain quand un bébé a de l'eczéma ? 

Le bain reste compatible avec un eczéma, à condition qu'il soit court et tiède, et suivi d'une application d'émollient sur peau encore humide. C'est la durée, la température et le type de nettoyant qui influencent l'état de la peau, davantage que la fréquence du bain elle-même. 

Références scientifiques 

1 - Canadian Dermatology Association. Eczema. Public & Patients, Skin Conditions. https://dermatology.ca/public-patients/diseases-conditions/skin-conditions/eczema/ 

2 - Drucker AM, Bai L, Eder L, Chan AW, Pope E, Tu K, Jaakkimainen L. Sociodemographic characteristics and emergency department visits and inpatient hospitalizations for atopic dermatitis in Ontario: a cross-sectional study. CMAJ Open. 2022;10(2):E491-E499. PMID: 35672041. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9177197/ 

3 - van Zuuren EJ, Fedorowicz Z, Christensen R, Lavrijsen A, Arents BWM. Emollients and moisturisers for eczema. Cochrane Database Syst Rev. 2017;2(2):CD012119. PMID: 28166390.  

https://www.cochrane.org/CD012119/SKIN_emollients-and-moisturisers-eczema 

4 - van der Hulst AE, Klip H, Brand PL. Risk of developing asthma in young children with atopic eczema: a systematic review. J Allergy Clin Immunol. 2007;120(3):565-569. PMID: 17655920.  

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17655920/ 

5 - Kelleher MM, Phillips R, Brown SJ, et al. Skin care interventions in infants for preventing eczema and food allergy. Cochrane Database Syst Rev. 2022;11(11):CD013534. PMID: 36373988. https://www.cochrane.org/CD013534/SKIN_skin-care-interventions-infants-preventing-eczema-and-food-allergy 

Auteur 

Contenu rédigé par l'équipe éditoriale BIODERMA Canada et revu médicalement par Anaïs Caldirola, Medical lead chez NAOS, afin d'en garantir l'exactitude et la fiabilité scientifique. Les informations médicales s'appuient sur des références dermatologiques établies.

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