Eczéma nummulaire : reconnaître les plaques rondes et apaiser la peau
Eczéma nummulaire : à quoi ressemblent les plaques en pièce de monnaie, qui est concerné, comment se pose le diagnostic et quels soins apaisent la peau.
Eczéma nummulaire : à quoi ressemblent les plaques en pièce de monnaie, qui est concerné, comment se pose le diagnostic et quels soins apaisent la peau.
L'eczéma nummulaire, aussi appelé dermatite discoïde, doit son nom au latin nummulus, la petite pièce de monnaie. Ses lésions rondes ou ovales, aux contours nets, le distinguent immédiatement des autres formes d'eczéma.
Cette morphologie particulière explique qu'il soit souvent confondu avec une mycose ou un psoriasis, et que le diagnostic tarde. Elle explique aussi l'inquiétude qu'il suscite, alors que son pronostic reste favorable. La Société canadienne de l'eczéma la recense parmi les types d'eczéma.
Les plaques sont rouges, bien délimitées, et mesurent généralement de un à dix centimètres de diamètre.² Elles évoluent en plusieurs temps : de petites vésicules apparaissent, un suintement clair peut suivre, puis des croûtes se forment avant que la peau ne desquame.
Les démangeaisons sont souvent intenses. Elles perturbent le sommeil et pèsent sur le quotidien, ce qui constitue le principal retentissement de cette affection.
Les membres constituent la localisation habituelle, les jambes en premier lieu, puis les bras. Le tronc est concerné plus rarement. Les lésions apparaissent volontiers de façon bilatérale. Certaines régressent seules, d'autres persistent plusieurs mois.
Une analyse de données d'assurance allemandes portant sur la période 2016 à 2022 fournit les estimations les plus détaillées disponibles. En 2022, entre 0,07 % et 0,26 % de la population était concernée, et 0,16 % à 0,17 % de nouveaux cas apparaissaient chaque année. Les auteurs retiennent environ 0,26 %.1
L'âge moyen au diagnostic est de 47,5 ans, et 57,4 % des personnes concernées sont des hommes, la prévalence augmentant chez les hommes plus âgés.
Cette moyenne de 47,5 ans masque deux pics distincts. La dermatite nummulaire suit une distribution à deux sommets : elle touche surtout les femmes de 15 à 25 ans d'un côté, et les hommes de 50 à 65 ans de l'autre.² La prédominance masculine relevée dans les données allemandes tient donc largement à ce second groupe, celui des hommes après 50 ans.
Un résultat va à l'encontre de l'image d'une affection d'adulte. L'eczéma nummulaire touche 0,34 % des enfants de moins de six ans, et 0,56 % à 0,57 % de moins de deux ans de 0,56 % à 0,57 %. Cette tranche est donc la plus touchée de toutes, au-dessus de la population générale.
La forme discoïde constitue le principal critère de reconnaissance, mais plusieurs affections peuvent la mimer.
L'eczéma nummulaire ne suppose pas systématiquement un terrain atopique. Les deux coexistent toutefois dans 18 % des cas. La dermatite atopique se distingue par ses localisations dans les plis et par son ancienneté, souvent depuis l'enfance. Notre article sur la peau a tendance atopique revient sur ce terrain.
Une mycose donne des plaques arrondies dont le centre s'éclaircit, avec une bordure active, tandis que les lésions nummulaires restent uniformément inflammatoires. Le psoriasis produit des plaques plus épaisses, aux squames blanches et nacrées, et généralement moins prurigineuses. Ces distinctions justifient un examen dermatologique, car les traitements diffèrent.
L'origine n'est pas entièrement élucidée, malgré de nombreux déclencheurs identifiés. Les données disponibles pointent une altération de la barrière cutanée associée à une réponse inflammatoire locale entretenue. La sécheresse cutanée occupe une place centrale dans ce mécanisme.
Plusieurs situations favorisent l'apparition ou la récidive des plaques.
La sécheresse cutanée étant le facteur le plus constant, elle constitue aussi le levier d'action le plus accessible au quotidien. Notre article sur la peau sèche détaille cette prise en charge.
La même analyse a comparé les personnes atteintes au reste de la population, pour voir quels autres troubles leur arrivent plus souvent.
Les deux premières associations s'expliquent en partie par le cercle du grattage, qui épaissit la peau et entretient l'inflammation. Elles rappellent l'intérêt d'agir tôt sur les démangeaisons plutôt que sur les seules lésions visibles.2
Le diagnostic est avant tout clinique. L'aspect des plaques, leur répartition et leur évolution suffisent le plus souvent au dermatologue, complétés par un interrogatoire sur les antécédents et les expositions récentes.
Des examens s'ajoutent en cas de doute. Un prélèvement écarte une mycose. Le patch-test garde un intérêt particulier dans cette forme d'eczéma. Une analyse nord-américaine a passé en revue 38 723 patients adressés pour ce test entre 2001 et 2016, et y a identifié 748 cas d'eczéma nummulaire. Près d'un sur quatre, soit 23,9 %, présentait en plus une allergie de contact.5 Les substances le plus souvent en cause étaient le formaldéhyde et les conservateurs qui en libèrent, devant la méthylisothiazolinone, le mélange de parfums et le propylène glycol. On les retrouve dans des cosmétiques, des produits ménagers et des textiles, ce qui rend le test utile devant une forme chronique ou qui résiste aux soins.
Le pronostic est bon. La plupart des cas répondent à une prise en charge conservatrice. Celle-ci associe un traitement local pendant les poussées et une routine émolliente de fond.
L'émollient constitue le socle du quotidien, puisqu'il agit sur la sécheresse qui alimente les poussées. La Cochrane, un organisme indépendant qui compile les essais cliniques, a réuni 77 essais portant sur 6 603 personnes. Elle observe un nombre de poussées plus faible, et un délai avant la suivante qui passe de 30 à 180 jours.3
L'American Academy of Dermatology recommande une application dans les trois minutes qui suivent le bain, sur peau encore légèrement humide.4 Les critères de choix d'une texture sont détaillés dans notre article sur la crème pour eczéma.
Les dermocorticoïdes sont utilisés sur les plaques actives, en cure courte et de façon ciblée. Les formes étendues ou résistantes relèvent d'options complémentaires que le dermatologue évalue au cas par cas. Ces traitements relèvent d'une prescription et d'un suivi médical, et s'articulent avec la routine émolliente plutôt qu'ils ne la remplacent. Les formes sévères concernent 14,8 % des personnes atteintes.
La prévention repose sur l'entretien de la barrière cutanée et sur la réduction des agressions.
BIODERMA propose la gamme Atoderm, formulée pour les peaux sèches à très sèches et compatible avec les peaux à tendance atopique. Trois soins couvrent le nettoyage et l'entretien quotidien.
Atoderm Huile de douche est une huile nettoyante qui remplace le savon. Selon sa fiche produit, la peau est 26 % plus hydratée après 27 jours, sur un test conduit auprès de 52 volontaires adultes, et l'hydratation se maintient jusqu'à 24 heures.
Atoderm Intensive gel moussant est un gel nettoyant apaisant destiné aux peaux très sèches à tendance atopique. Sa fiche produit indique que 85 % des usagers trouvent leur peau plus confortable. Le produit est prescrit par des dermatologues.
Atoderm Intensive baume prend le relais après le lavage. Ce baume ultra-apaisant et relipidant associe le complexe Lipigenium, le PEA et le brevet Skin Barrier Therapy. Sa fiche produit rapporte 100 % de la peau plus nourrie après 21 jours.
Ces soins accompagnent la prise en charge quotidienne. Ils ne remplacent ni le diagnostic ni le traitement prescrit lorsqu'il existe.
Non. Il s'agit d'une dermatose inflammatoire, sans agent infectieux transmissible. Aucun contact avec les lésions ne peut transmettre l'affection. Cette question revient souvent, car l'aspect des plaques rondes évoque une mycose, qui, elle, est contagieuse.
L'évolution varie beaucoup d'une personne à l'autre. Certaines plaques régressent seules en quelques semaines, d'autres persistent plusieurs mois et récidivent au même endroit. Une routine émolliente régulière raccourcit généralement les épisodes et espace les récidives.
Les zones déjà touchées gardent une barrière cutanée fragilisée plus longtemps que la peau environnante. S'y ajoute le cercle du grattage, qui épaissit la peau et entretient l'inflammation. L'épaississement de la peau lié au grattage est d'ailleurs près de dix fois plus fréquent chez les personnes atteintes. Poursuivre les soins sur les zones apaisées limite ce phénomène.
La douche reste compatible avec un eczéma nummulaire, à condition qu'elle soit courte et tiède, avec un nettoyant sans savon, et suivie d'une application d'émollient sur peau encore humide. C'est la température, la durée et le type de produit qui comptent, davantage que la fréquence.
1 - Hagenström K, Müller K, Klinger T, Willers C, et al. Epidemiology of nummular eczema: methodological approaches and outcomes from nationwide claims data analyses. J Dtsch Dermatol Ges. 2026;24(7):886-893. PMID: 41243467. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41243467/
2 - Hardin CA, Love LW, Saleh HM, Farci F. Nummular Dermatitis. StatPearls. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; mise à jour 2024. NCBI Bookshelf NBK565878. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK565878/
3 - van Zuuren EJ, Fedorowicz Z, Christensen R, Lavrijsen A, Arents BWM. Emollients and moisturisers for eczema. Cochrane Database Syst Rev. 2017;2(2):CD012119. PMID: 28166390. https://www.cochrane.org/CD012119/SKIN_emollients-and-moisturisers-eczema
4 - American Academy of Dermatology Association. Eczema: how to relieve itchy skin. https://www.aad.org/public/diseases/eczema/childhood/itch-relief/home-remedies
5 - Silverberg JI, Hou A, Warshaw EM, Maibach HI. Prevalence and trend of allergen sensitization in patients with nummular (discoid) eczema referred for patch testing: North American Contact Dermatitis Group data, 2001-2016. Contact Dermatitis. 2021;85(1):46-57. PMID 33634511
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33634511/
Contenu rédigé par l'équipe éditoriale BIODERMA Canada et revu médicalement par Anaïs Caldirola, Medical lead chez NAOS, afin d'en garantir l'exactitude et la fiabilité scientifique. Les informations médicales s'appuient sur des références dermatologiques établies.