Eczéma bulleux et dyshidrose : causes, symptômes et soins
Eczéma bulleux et dyshidrose : à quoi ressemblent les vésicules des mains et des pieds, ce qui déclenche les poussées et les soins qui apaisent la peau.
Eczéma bulleux et dyshidrose : à quoi ressemblent les vésicules des mains et des pieds, ce qui déclenche les poussées et les soins qui apaisent la peau.
La dyshidrose, aussi appelée eczéma dyshidrosique, est une forme d'eczéma qui touche les mains, les pieds, ou les deux. La Société canadienne de l'eczéma la recense parmi les types d'eczéma et la décrit par ses nombreuses petites cloques d'eau.
Ce sont de petites cloques fermes, remplies d'un liquide clair, groupées en bouquets. Elles siègent sur les paumes, les plantes, et sur les faces latérales et ventrales des doigts.1 Les démangeaisons précèdent souvent leur apparition, ce qui rend le début de poussée reconnaissable.
Au bout de quelques jours, les cloques sèchent ou se rompent. La peau pèle alors, se fissure parfois, et met plusieurs semaines à retrouver son aspect normal. Ces fissures sur les paumes gênent les gestes du quotidien.
Les mains sont le siège le plus fréquent. Une analyse nord-américaine portant sur 43 677 personnes testées relève une atteinte des mains chez 22,8 % d'entre elles, des pieds seuls chez 2,9 %, et des deux à la fois chez 3,7 %.2 Notre article sur l'eczéma du pied couvre cette seconde localisation.
Les cloques de la dyshidrose sont normalement petites. Chez certaines personnes, elles fusionnent et forment des lésions plus larges, d'où le nom d'eczéma bulleux. Le mécanisme reste le même.
Ce vocabulaire prête toutefois à confusion avec une autre affection, la pemphigoïde bulleuse, une maladie auto-immune rare qui provoque de grosses cloques tendues et qui n'a rien à voir avec l'eczéma. Elle se traite différemment. C'est la raison pour laquelle des cloques inhabituellement grosses justifient un examen médical.
Une analyse de données d'assurance américaines a suivi 34 932 personnes ayant consulté pour une dyshidrose au cours de l'année 2018.3 Elle donne le portrait le plus précis dont on dispose.
Les femmes représentent 61 % des cas, et l'âge moyen au premier diagnostic est de 37 ans. C'est donc une affection d'adulte jeune, en pleine vie active, ce qui explique son poids sur le travail quotidien.
Les auteurs relèvent également une surreprésentation de deux secteurs professionnels, les services et la fabrication de biens durables. Le point commun tient au contact répété des mains avec l'eau, les produits de nettoyage et les matériaux.
La cause exacte reste inconnue, mais plusieurs pistes sont bien documentées.
La dyshidrose survient souvent chez des personnes qui transpirent beaucoup des mains et des pieds. L'examen au microscope montre une réaction d'eczéma autour des canaux de la sueur, sans que ces canaux soient eux-mêmes anormaux. La chaleur, l'effort et le port prolongé de gants ou de chaussures fermées entrent donc dans les situations à surveiller.
L'allergie aux métaux est considérée comme l'un des facteurs les plus importants. L'argument principal est pratique : chez les personnes concernées, écarter le métal en cause améliore les symptômes. Le nickel arrive en tête, présent dans les bijoux fantaisie, les boutons de pantalon, les montures de lunettes et les objets du quotidien.
Les poussées se concentrent souvent au printemps, période où les allergies sont les plus actives. Le stress est régulièrement rapporté par les personnes concernées comme un facteur d'aggravation. Ces éléments ne créent pas la maladie, ils abaissent le seuil auquel elle se déclenche.
L'aspect des lésions et leur localisation suffisent le plus souvent au dermatologue. L'interrogatoire complète l'examen, en cherchant les expositions, le métier exercé et les antécédents d'allergie.
Deux examens s'ajoutent selon les cas. Le prélèvement écarte une mycose, qui peut donner un aspect voisin entre les orteils. Le test épicutané, appelé aussi patch-test, recherche une allergie de contact : des substances sont appliquées sur le dos sous pansement, et la réaction est lue après deux à quatre jours.
Devant des cloques inhabituellement grosses ou qui s'étendent, le médecin peut demander des examens complémentaires pour écarter une maladie auto-immune. Cette situation reste rare.
La prise en charge associe un traitement de la poussée et des soins de fond entre les épisodes.
L'émollient constitue le geste de fond, car il restaure la barrière de la peau et limite les fissures qui suivent la phase de cloques. La Cochrane, un organisme indépendant qui compile les essais cliniques, a réuni 77 essais portant sur 6 603 personnes.4 Elle observe un nombre de poussées plus faible, et un délai avant la suivante qui passe de 30 à 180 jours.
L'American Academy of Dermatology recommande d'appliquer l'hydratant dans les trois minutes qui suivent le lavage, sur peau encore légèrement humide. Les critères de choix d'une texture sont détaillés dans notre article sur la crème pour eczéma.
Les dermocorticoïdes, c'est-à-dire les crèmes à la cortisone, restent le traitement de référence de la poussée. Une synthèse Cochrane consacrée à l'eczéma des mains a rassemblé 60 essais portant sur 5 469 personnes.5 Elle situe les crèmes à la cortisone et la photothérapie parmi les traitements standard, tout en concluant que les données disponibles ne permettent pas de désigner le meilleur.
Les auteurs insistent sur la prudence : la plupart des résultats viennent d'essais uniques et peu précis, et les traitements y sont évalués sur des durées courtes. Le choix revient donc au dermatologue, en fonction de chaque situation.
Plusieurs situations justifient un avis rapide.
La rupture des cloques ouvre un passage aux bactéries, ce qui explique la surveillance des signes d'infection. Le reste du temps, l'évolution est bénigne.
Aucune mesure ne supprime les poussées, mais plusieurs habitudes les espacent.
La Société canadienne de l'eczéma propose des repères pratiques sur le traitement de l'eczéma des mains, qui s'appliquent en bonne partie à la dyshidrose.
BIODERMA propose la gamme Atoderm, formulée pour les peaux sèches à très sèches et compatible avec les peaux à tendance atopique. Trois soins couvrent le nettoyage et l'entretien quotidien, deux moments clés quand les mains passent leur journée à l'eau.
Atoderm Huile de douche est une huile nettoyante qui remplace le savon. Selon sa fiche produit, la peau est 26 % plus hydratée après 27 jours, sur un test conduit auprès de 52 volontaires adultes, et l'hydratation se maintient jusqu'à 24 heures.
Atoderm Intensive gel moussant est un gel nettoyant apaisant destiné aux peaux très sèches et compatible avec les peaux à tendance atopique. Sa fiche produit indique que 85 % des usagers trouvent leur peau plus confortable. Le produit est prescrit par des dermatologues.
Atoderm Intensive baume prend le relais après le lavage. Ce baume apaisant et nourrissant associe le complexe Lipigenium, le PEA et le brevet Skin Barrier Therapy. Sa fiche produit rapporte 100 % de la peau plus nourrie après 21 jours.
Ces soins accompagnent le quotidien entre les poussées. Ils ne remplacent ni le diagnostic ni le traitement prescrit pendant une crise.
Les cloques mettent en général deux à quatre semaines à disparaître, en comptant la phase où la peau pèle. La fréquence des épisodes varie beaucoup : certaines personnes en ont plusieurs par an, d'autres un seul. Une poussée qui dépasse quatre semaines mérite un avis médical.
Non. La cloque forme une protection naturelle, et la percer ouvre un passage aux bactéries. Le liquide se résorbe seul dans la plupart des cas. Si une cloque volumineuse gêne réellement les gestes, c'est au médecin de décider de la vider, dans des conditions propres.
Non. Il s'agit d'une réaction inflammatoire de la peau, sans microbe transmissible. Serrer une main ou partager une serviette ne transmet rien. La confusion vient de la ressemblance avec certaines mycoses, qui, elles, se transmettent.
Dans la plupart des cas oui, à condition de protéger la peau. Les gants limitent le contact avec l'eau et les produits, à condition d'être doublés de coton pour éviter que la transpiration n'entretienne le problème. Les métiers de service et de fabrication étant surreprésentés parmi les personnes concernées, l'aménagement des gestes fait partie de la prise en charge.
1 - Nishizawa A. Dyshidrotic Eczema and Its Relationship to Metal Allergy. Curr Probl Dermatol. 2016;51:80-85. PMID: 27584966. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27584966/
2 - Silverberg JI, Patel N, Warshaw EM, et al. Hand and foot dermatitis in patients referred for patch testing: Analysis of North American Contact Dermatitis Group data, 2001-2018. J Am Acad Dermatol. 2022;87(5):1049-1059. PMID: 35940370. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35940370/
3 - Gladys TE, Maczuga S, Flamm A. Characterizing demographics and cost of care for dyshidrotic eczema. Contact Dermatitis. 2022;86(2):107-112. PMID: 34773262. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34773262/
4 - van Zuuren EJ, Fedorowicz Z, Christensen R, Lavrijsen A, Arents BWM. Emollients and moisturisers for eczema. Cochrane Database Syst Rev. 2017;2(2):CD012119. PMID: 28166390. https://www.cochrane.org/CD012119/SKIN_emollients-and-moisturisers-eczema
5 - Christoffers WA, Coenraads PJ, Svensson Å, Diepgen TL, et al. Interventions for hand eczema. Cochrane Database Syst Rev. 2019;4(4):CD004055. PMID: 31025714. https://www.cochrane.org/CD004055/SKIN_interventions-hand-eczema
Contenu rédigé par l'équipe éditoriale BIODERMA Canada et revu médicalement par Anaïs Caldirola, Medical lead chez NAOS, afin d'en garantir l'exactitude et la fiabilité scientifique. Les informations médicales s'appuient sur des références dermatologiques établies.